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Pourquoi les téléphones à clapet reviennent à la mode ?

Les réseaux sont peut-être la plus grande addiction de notre époque. Certains repassent au téléphone à clapet. J'ai testé, je vous raconte.
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L’année dernière, j’ai investi dans un téléphone à clapet. Et pour bien faire les choses, je l’ai pris en rose, de la gamme Barbie. Car, quitte à faire un bon arrière, autant le faire avec style. L’idée de mettre de l’espace entre mon iPhone et moi est venue d’un besoin presque viscéral de couper les ponts avec les réseaux sociaux. Je me suis demandée si j’étais la seule à ressentir cela, et en fait, eh bien non, pas du tout.

Les réseaux sociaux : une addiction aux mêmes effets que les drogues

Les mécanismes des réseaux sociaux activent les mêmes circuits cérébraux que certaines drogues (dopamine, récompense, anticipation). Chaque like, commentaire ou notification déclenche une libération de dopamine, l’hormone du plaisir. Ce mécanisme est comparable à celui observé dans les jeux d’argent ou certaines addictions comportementales. Plusieurs études telles que celles de Pew Research Center ou encore Common Sense Media dévoilent que 31 % des utilisateurs disent se sentir dépendants aux réseaux sociaux, et que 59 % des adolescents déclarent avoir du mal à réduire leur temps d’utilisation.

Chez les jeunes adultes, 40 % disent consulter leurs réseaux moins de 5 minutes après s’être réveillés. Sans compter qu’en moyenne, une personne déverrouille son téléphone environ 58 fois par jour, souvent pour consulter les réseaux.

TikTok mise tout sur l’addiction grâce au scroll infini

Je pense que là, nous touchons au mal du siècle, pour ne pas dire aussi celui des siècles suivants. Le scroll infini, c’est ce geste presque mécanique qui nous pousse à enchaîner la consommation de contenus disponibles dans notre fil d’actualité.

Et voyez, si le fil d’actualité est un concept aussi vieux que Facebook, le contenu que nous avions il y a dix ans n’a rien à voir avec celui que nous avons aujourd’hui. Les contenus sont plus courts, plus divertissants et rapidement consommables. C’est du fast food digital.

TikTok a créé un monstre en arrivant avec une force algorithmique qui réussit à pousser dans nos fils d’actu des contenus venant de personnes que l’on ne suit pas. Ça n’existait pas avant, et ça change tout. Nous n’avons même plus besoin de faire l’effort de suivre un créateur pour visionner ses publications. De la même façon, en démocratisant les vidéos courtes, la plateforme chinoise a misé sur le format le plus attrayant pour l’œil, puisqu’il est en mouvement.

Si vous mettez un enfant dans une pièce avec une télé allumée, l’enfant sera irrésistiblement attiré par l’écran, car les images bougent. Nous sommes peut-être adultes, mais le mécanisme reste le même.

L’autre problématique des contenus que nous voyons aujourd’hui est la durée et le rythme. Tout doit aller vite, voire très vite. Du coup, les adolescents et jeunes adultes disent préférer regarder des vidéos TikTok que des séries Netflix. Je vous le dis, il est fini le temps où on “binge-watchait” le dimanche en mode “Netflix and chill”.

L’industrie du film l’a particulièrement bien compris, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Netflix est en pourparlers avec TikTok actuellement, et que les dessins animés des enfants sont pensés pour être ultra stimulants (coucou la Pat’ Patrouille). Je peux vous assurer que la remarque :

“vous avez grandi avec la télé” que les quinquagénaires au QI négatif s’autorisent à faire aux jeunes parents n’a jamais été aussi fausse. Les contenus proposés n’ont plus rien à voir avec ceux que nous avons connus, les écrans sont eux aussi différents et puis surtout, il y a maintenant des données qui nous permettent de comprendre l’impact des écrans sur la santé des enfants.

Finalement ce commentaire non sollicité est relatif au “on fumait dans la maison avant, et vous allez bien non ?” que nos grands-parents auraient pu dire.

Et tout le monde sait que le tabagisme passif ne cause pas 1,6 million de morts tous les ans.

Bref, vous saurez quoi rétorquer à votre famille la prochaine fois, ne me remerciez pas.

https://www.commonsensemedia.org/press-releases/teens-on-social-media-many-benefits-to-digital-life-but-downsides-too

Le temps passé sur les réseaux sociaux explose dans le monde.

Nous passons en moyenne 2h30 sur les réseaux sociaux tous les jours. Si pour certains c’est moins, pour moi c’est beaucoup plus. Je passais 5h par jour à scroller et à consommer du contenu.

Vous trouvez que c’est énorme ? Ça l’est. Si l’on enlève le temps que j’y passais pour le travail, cela doit avoisiner les 3h de temps perdu tous les jours sur Instagram et TikTok. C’est en m’en apercevant que le déclic eut lieu. Tout ce temps perdu inutilement, je ne le rattraperai jamais. Le temps est pour moi la valeur la plus importante et fondamentale, et je me suis soudainement refusé à entretenir cette addiction dévastatrice.

Passer d’un smartphone à un téléphone à clapet

On ne va pas se mentir, les premiers jours sont assez bizarres. Un peu comme quand j’ai arrêté de fumer, le geste manque. Sortir son téléphone, le déverrouiller, scroller rapidement en regardant un film, dans les transports ou aux toilettes n’existe plus. Le téléphone retrouve ses fonctions de base : appeler et envoyer des SMS.

D’ailleurs, envoyer des SMS sur un téléphone à clapet demande de la patience, vertu que je peine à faire grandir chez moi. Taper plusieurs fois sur une même touche pour écrire une lettre, c’est long.

Mais c’est aussi ça la beauté de l’outil. Tout prend trop de temps, alors l’inutile est relégué au second plan.

Pourquoi limiter l’utilisation des smartphones transforme le quotidien ?

Le temps que je n’ai pas perdu à regarder des chats danser la salsa sur TikTok, je l’ai mis dans le sport et la lecture. Outre les hobbies qui redeviennent des priorités, au bout d’une semaine, mes nuits étaient plus paisibles, et l’ennui lorsque j’attendais le métro était plutôt bénéfique. J’avais le temps de penser correctement. C’est une sensation délicieuse.

L’expérience de ces quelques jours était peut-être satisfaisante, mais comment réussir à couper des réseaux sociaux dans un monde qui vit presque plus par leur biais que par la réalité de la vie  ?

Pour ma part, j’ai décidé de laisser mon iPhone au bureau. J’en ai besoin pour le travail, je ne peux pas le nier, mais en ai-je besoin les soirs de la semaine de façon routinière ? Pas que je sache.

Je rentre chez moi munie de mon téléphone rose Barbie, et je reprends un peu plus possession de mon être tout entier.

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